Pourquoi tant de filles quittent le sport à l’adolescence ?

Selon l’étude “Adhésion et abandon de la pratique sportive chez l’adolescent : vers une politique de rétention ?” de Luiggi Maxime, Maxime Travert et jean GRIFFET, les filles, en particulier celles issues de milieux socioéconomiques défavorisés, présentent des taux d'abandon plus élevés que les garçons.

Ce phénomène est observé dans de nombreux quartiers, où les jeunes filles, souvent issues de milieux sociaux défavorisés, sont encore moins enclines à pratiquer une activité physique régulière. C’est un véritable gâchis, car le sport n’est pas seulement une source de plaisir et de bien-être, mais un levier essentiel pour le développement personnel, la réussite scolaire et l'insertion professionnelle.

Mais pourquoi les filles quittent-elles le terrain ? Les causes sont multiples et variées, allant des stéréotypes de genre aux contraintes sociales et familiales, en passant par des manques de modèles inspirants et des perceptions négatives liées à leur corps en mutation.

Les obstacles spécifiques auxquels les filles font face dans le sport

1. Les stéréotypes de genre et la pression sociale

L’un des principaux freins à la pratique sportive des filles reste les stéréotypes de genre qui entourent encore trop souvent les sports. Le sport, perçu comme une activité masculine, est parfois jugé incompatible avec les attentes sociétales sur la féminité. Les filles se sentent souvent jugées si elles se consacrent à des sports perçus comme « durs » ou compétitifs. De plus, le manque de visibilité du sport féminin dans les médias renforce l'idée que le sport de haut niveau n'est pas fait pour elles.

2. Les enjeux liés à l'image corporelle et au regard des autres

L'adolescence est une période complexe où l’image du corps devient une source de préoccupations majeures pour les filles. L’apparition des premiers changements physiques, le regard des pairs, et les pressions liées à des standards de beauté peuvent rendre la pratique sportive difficile, voire inconfortable.

Beaucoup de filles arrêtent le sport en raison de ces difficultés corporelles : les complexes physiques ou la peur d’avoir un corps “trop masculin” à cause de la pratique. D’autre part, il y a également la crainte du jugement des autres : ne pas courir assez vite, ne pas être assez gracieuse, ne pas être assez forte…

3. Le manque de structures adaptées et de soutien

Dans certains quartiers populaires, les infrastructures sportives sont insuffisantes ou mal adaptées aux besoins des jeunes filles. Le manque d’activités mixtes ou d'espaces sécurisés peut être un facteur décisif dans leur désengagement. De plus, l'absence de mentors féminins ou de programmes spécifiques pour les encourager à s'impliquer davantage dans le sport rend la situation encore plus difficile. Selon le CIO (Comité International Olympique), seuls 13% des entraîneurs de Tokyo 2020 étaient des femmes, et seulement 10% l'étaient à Beijing 2022.

Notre mission pour que chaque fille trouve sa place sur le terrain

Chez Fête le Mur, nous avons une conviction profonde : le sport est un outil puissant d'émancipation, d'intégration et de réussite pour les jeunes filles. Depuis sa création, l’association a fait de l'inclusion et de l’égalité des chances une priorité absolue. À travers nos programmes, nous nous engageons à offrir aux jeunes filles des opportunités concrètes pour pratiquer le sport dans des conditions égales à celles des garçons. Nous ne nous contentons pas de promouvoir l’accès au sport, nous développons des parcours d’éducation, de formation et d'insertion professionnelle pour offrir à chaque jeune un véritable tremplin vers son avenir.

1. Créer un environnement rassurant et valorisant

L’une de nos priorités est de créer un environnement où chaque jeune fille se sent à l’aise, en confiance et soutenue dans sa pratique sportive.

Nous mettons en place des activités adaptées à leurs besoins, alliant plaisir, convivialité et défi personnel, afin de susciter leur envie de revenir sur le terrain. Par exemple, nous proposons des créneaux réservés aux femmes pour leur permettre de pratiquer en toute confiance et des activités femmes pour lutter contre l’isolement.

2. Former des modèles et valoriser la compétition féminine

Nous pensons que pour encourager les filles à continuer le sport, il est essentiel de leur fournir des modèles à suivre. Ainsi, nos ambassadrices telles que Ksénia Chasteau et Tatiana Golovin sont de véritables sources d'inspiration et de motivation pour les jeunes, et permettent de mettre en lumière des parcours féminins exemplaires.

Nous encourageons également la compétition féminine, souvent délaissée. Dès le plus jeune âge nous proposons des matchs mixtes qui donnent aux jeunes filles l’opportunité de se mesurer à d’autres enfants dans un cadre respectueux et valorisant et d’avoir un véritable sentiment d’égalité entre les genres.

3. Accompagner l'insertion professionnelle et l'autonomie

Au-delà du sport, nous proposons des parcours de formation, d’animation et de leadership pour aider les jeunes filles à développer des compétences transférables dans leur future carrière professionnelle. En leur offrant des formations reconnues dans les domaines de l’arbitrage, de l’animation et de la gestion d’événements, nous ouvrons des portes vers des opportunités professionnelles concrètes. L’objectif est de rendre chaque jeune autonome et capable de prendre en main son avenir, grâce au sport et aux valeurs qu’il véhicule.

Notre projet Mentorat en collaboration avec BNP Paribas présente 85% de filles. Dans ce cadre, les collaborateurs BNP Paribas accompagnent nos jeunes pour les aider sur leurs projets d’orientation professionnelle à travers des rendez-vous mensuels, en présentiel ou à distance sur une période de 9 mois.

4. La mixité et l'inclusion : Des valeurs fondamentales

Nous croyons en la force de la mixité et de la collaboration. Nos programmes sont conçus pour favoriser les échanges et la solidarité entre jeunes filles et garçons, tout en respectant leurs spécificités. L’inclusion et la diversité sont au cœur de nos actions, et nous veillons à ce que chaque jeune, indépendamment de son genre, de ses origines ou de son milieu social, puisse trouver sa place sur le terrain et dans la société.

Conclusion

Chez Fête le Mur, nous sommes convaincus que l’éducation par le sport est un levier essentiel pour l’émancipation des jeunes filles. En leur offrant les outils nécessaires pour se dépasser, se réaliser et s’intégrer dans la société, nous contribuons à construire une société plus égalitaire, solidaire et inclusive.

Les filles ne devraient pas quitter le terrain, elles devraient y trouver un espace d’expression, de développement et de réussite. C’est à nous, en tant qu’acteurs du sport, institutions publiques et partenaires sociaux, de créer les conditions qui leur permettront de s’épanouir, de grandir et d'oser rêver plus grand.